Athanase naît vers 297 à Alexandrie, en Égypte, dans une famille qui n’est pas chrétienne. Petit de taille mais d’une intelligence hors du commun, il est baptisé par l’évêque d’Alexandrie qui le prend sous son aile. À vingt-huit ans, il accompagne ce même évêque au concile de Nicée, en 325, où toute l’Église se réunit pour trancher une question fondamentale : le Christ est-il vraiment Dieu, ou simplement une créature divine intermédiaire ?

C’est la thèse d’Arius - et Athanase y voit une hérésie mortelle. Le concile donne raison aux défenseurs de la divinité du Christ, et rédige le Credo que les catholiques récitent encore aujourd’hui. Mais la victoire de Nicée n’est que le début d’une guerre de cinquante ans.

Devenu évêque d’Alexandrie à trente ans à peine, Athanase va passer plus de dix-sept ans de son épiscopat en exil. Cinq fois, les empereurs - souvent favorables aux ariens - le chassent de son siège. Cinq fois, il revient. Il se cache dans les monastères du désert, écrit, résiste, refuse toute compromission. On le surnomme Athanasius contra mundum : Athanase contre le monde entier.

Dans ces années d’errance, il rédige aussi la Vie d’Antoine, biographie du grand ermite du désert, qui va diffuser le monachisme dans tout l’Occident chrétien. Un homme pourchassé qui trouve le temps d’écrire les textes fondateurs de la spiritualité monastique.

En 366, après son cinquième et dernier exil, il rentre à Alexandrie et n’en repart plus. Il s’y éteint paisiblement le 2 mai 373, après quarante-cinq ans d’épiscopat. Docteur de l’Église, vénéré par les catholiques, les orthodoxes et les coptes, Athanase reste le symbole de celui qui tient bon quand le monde entier vacille.