Augustin était prieur du monastère de Saint-André du Mont Coelius, à Rome, lorsque le pape Grégoire le Grand vint le trouver avec une mission qui allait changer l’histoire de l’Europe du Nord.

Grégoire se souciait depuis longtemps des Anglo-Saxons - ces peuples barbares et païens qui occupaient la grande île au nord-ouest de l’empire. La légende raconte que, avant son pontificat, il avait croisé sur le marché aux esclaves de beaux jeunes hommes blonds et demandé qui ils étaient. On lui répondit qu’ils étaient Angles. Il aurait répondu : « Non, pas Angles, mais Anges. » Il n’avait jamais oublié ce peuple qui n’avait pas encore entendu l’Évangile.

En 596, il envoie Augustin avec quarante compagnons, tous moines comme lui. La mission traverse les Alpes, fait escale à Lérins, à Paris, à d’autres étapes - car la route de Rome à Cantorbéry est longue et dangereuse. Les moines ont peur. Augustin revient même à Rome demander si la mission peut être abandonnée. Grégoire refuse et l’encourage à continuer.

À leur arrivée en Angleterre, la chance leur sourit : Ethelbert, roi du Kent, est marié à Berthe, une princesse franque chrétienne. Il les reçoit en plein air - une précaution contre les sortilèges supposés des étrangers - mais les écoute avec ouverture. La ferveur et l’éloquence des moines romains le convainquent. Il demande le baptême.

Augustin est sacré évêque, s’installe à Cantorbéry, fonde une école, baptise des milliers de personnes. Il meurt en 604, laissant derrière lui une Église anglaise naissante qui allait, quelques siècles plus tard, rayonner sur le monde entier.