Barnabé s’appelait à l’origine Joseph. C’est les apôtres eux-mêmes qui lui donnèrent ce surnom : Bar-Nabas, fils de l’encouragement, ou fils de la prophétie selon les traductions. Il devait avoir quelque chose de particulièrement chaleureux et entraînant pour mériter ce nom.

Lévite d’origine chypriote, Barnabé est l’un des premiers disciples de Jésus, sans faire partie des Douze. Très tôt, il vend un champ qui lui appartient et dépose l’argent aux pieds des apôtres — geste de rupture totale avec toute sécurité matérielle.

Son acte le plus décisif concerne Saul de Tarse. Quand ce dernier, quelques années après sa conversion sur le chemin de Damas, arrive à Jérusalem, tout le monde le fuit : cet homme n’est-il pas celui qui persécutait les chrétiens jusqu’à les faire mourir ? Barnabé est le seul à s’avancer. Il prend Saul par la main, le présente aux apôtres, raconte sa conversion. Sans ce geste, Paul aurait peut-être été exclu de la communauté naissante — et l’histoire du christianisme aurait été différente.

Barnabé et Paul partent ensuite ensemble en mission : Chypre, l’Asie Mineure, Antioche. Leur compagnonnage sera fécond et difficile. Ils se séparent après un désaccord sur Marc, neveu de Barnabé, que Paul ne veut pas emmener et que Barnabé défend.

Barnabé continue seul ses missions à Chypre, où la tradition dit qu’il meurt lapidé vers l’an 61. L’Église de Chypre le vénère comme son fondateur. Ce fils de l’encouragement, qui fit confiance à Paul quand personne d’autre n’osait, reste l’un des artisans oubliés de la diffusion du christianisme.