Bernard naît vers 923 dans une famille noble de Savoie, probablement dans la région du lac d’Annecy. Son père lui destine un brillant mariage. La nuit précédant la cérémonie, Bernard s’enfuit. Il rejoint Aoste, entre au service de l’évêque, est ordonné prêtre puis nommé archidiacre — une charge pastorale étendue qui l’amène à parcourir toutes les vallées alpines.
Ce qu’il voit dans ces montages le révolte et le mobilise : les cols du Grand et du Petit Saint-Bernard, alors appelés Mont Jou, sont des passages obligés pour les pèlerins qui vont à Rome, les marchands, les voyageurs. Ces cols sont parmi les plus dangereux d’Europe — tempêtes, avalanches, brigands, froid mortel. Des milliers de personnes y meurent chaque année.
Bernard décide d’agir. Il fonde deux hospices — un au Grand Saint-Bernard, l’autre au Petit Saint-Bernard — à plus de deux mille mètres d’altitude. Ces refuges accueillent gratuitement tout voyageur en difficulté, été comme hiver. Des chanoines réguliers y vivent en permanence pour assurer les secours. C’est là que naît, plusieurs siècles plus tard, l’élevage des fameux chiens saint-bernard, formés pour retrouver les voyageurs ensevelis sous la neige.
Bernard détruisit aussi un sanctuaire paien au sommet du Grand Saint-Bernard, remplaçant le culte de Jupiter par celui du Christ.
Il mourut vers 1008, peut-être à Novare en Italie, après quatre-vingt ans d’une vie entièrement consacrée au service des voyageurs en péril. Pie XI le déclara en 1923 patron des alpinistes — et par extension, des skieurs, des guides de montagne et de tous ceux qui affrontent les sommets.
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