Blandine est une jeune esclave chrétienne de Lyon, vraisemblablement d’origine orientale. Elle a environ dix-sept ans quand éclate, en 177, la grande persécution contre les chrétiens de la cité gallo-romaine, sous le règne de Marc Aurèle.
Les chrétiens de Lyon sont d’abord exclus des lieux publics, puis arrêtés en masse. Blandine fait partie du groupe emmené devant les autorités. Sa maîtresse, elle-même chrétienne, craint que la jeune fille, si fragile en apparence, ne résiste pas aux tortures.
Elle résiste. Pendant des heures, les bourreaux se relaient sur elle, épuisés de la tourmenter. Elle répète inlassablement : Je suis chrétienne, et il ne se commet rien de mal parmi nous. Elle tient. Ses bourreaux reconnaissent eux-mêmes ne pas savoir quoi faire d’elle.
On la suspend à un poteau, exposée aux bêtes sauvages dans l’arène. Les bêtes ne la touchent pas. Ses compagnons chrétiens, qui subissent leur propre supplice en même temps, voient en elle le Christ lui-même souffrant.
Après d’autres séances de torture, Blandine est finalement ligotée dans un filet et jetée devant un taureau qui la piétine. Elle meurt.
Son histoire nous est parvenue grâce à une lettre que les chrétiens de Lyon et de Vienne adressèrent aux Églises d’Asie - l’un des documents les plus émouvants des premiers siècles chrétiens. Blandine y apparaît comme le symbole de la force qui vient de la faiblesse : cette esclave menue que tout le monde plaignait fut la plus forte de tous.
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