Winfrid — c’est son nom de naissance — naît vers 675 dans le Wessex, en Angleterre, dans une famille chrétienne. Moine bénédictin brillant, prieur de son monastère à quarante ans, il aurait pu finir sa vie en paix dans les cloîtres d’Angleterre. Il choisit autre chose.

Il part évangéliser les peuples germaniques, encore largement paiens. Le pape Grégoire II le reçoit à Rome, l’envoie en mission en Germanie et lui donne un nouveau nom : Boniface — celui qui fait le bien. En 722, il est sacré évêque missionnaire.

Son acte le plus célèbre a lieu à Geismar, en Hesse. Les Germains vénèrent un chêne gigantesque consacré au dieu Thor. Boniface prend une hache et l’abat devant une foule stupéfaite qui attend la foudre divine. La foudre ne tombe pas. Les conversions se multiplient. Avec le bois du chêne, Boniface fait construire une chapelle.

Pendant trente ans, il parcourt la Germanie, fonde des diocèses, des monastères, des écoles. Il réforme l’Église franque qui s’était laissée corrompre. Il crée l’archevêché de Mayence, dont il devient le premier titulaire. Il couronne Pépin le Bref, inaugurant la relation entre la papauté et les Carolingiens qui façonnera l’Europe médiévale.

A plus de soixante-dix ans, il aurait pu s’arrêter. Il repart en mission en Frise, au nord. Le 5 juin 754, alors qu’il attend des néophytes pour les confirmer, sa troupe est attaquée par des paiens. Boniface interdit à ses compagnons de se défendre. Il est tué à coups de glaive, à près de quatre-vingts ans. L’apôtre de la Germanie est aujourd’hui patron de l’Allemagne.