Didier naît vers 550 à Autun, dans une famille aristocratique gauloise. Disciple de l’évêque de Vienne, il gravit les échelons du clergé avec sérieux et fut nommé évêque de Vienne en 596, succédant à un siège prestigieux dans la vallée du Rhône.
À peine installé, il se retrouve au cœur d’une confrontation qui va lui coûter la vie. La reine Brunehaut gouverne alors l’Austrasie au nom de son petit-fils, un adolescent de quinze ans. Femme de pouvoir, elle ne supporte aucune opposition. Or Didier, soutenu par le pape Grégoire le Grand avec qui il correspond régulièrement, s’élève publiquement contre les mœurs dissolues et les scandales de la cour.
Brunehaut réplique avec les armes des puissants : la calomnie. Elle convoque un concile à Chalon-sur-Saône et fait comparaître une certaine Justa, qui accuse faussement Didier. Les évêques de la province, sous pression, déposent leur collègue. Didier est exilé sur une île du Rhône.
Trois ans passent. Les deux accusateurs meurent dans des circonstances troublantes. Brunehaut, peut-être inquiète, autorise le retour de Didier. Il reprend son siège à Vienne - et reprend ses remontrances. La reine comprend qu’il ne se taira jamais.
Elle envoie des hommes tirer l’évêque de sa cathédrale. Ils l’escortent jusqu’à un village de l’Ain et le tuent à coups de pierres et de bâtons, vers 607. Ce village s’appelle aujourd’hui Saint-Didier-sur-Chalaronne.
Quelques années plus tard, Brunehaut fut à son tour exécutée : attachée par un bras et une jambe à un cheval lancé au galop. Le martyr avait été vengé - mais lui n’avait jamais demandé vengeance.
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