Donatien et Rogatien sont deux frères nantais du IVe siècle, fils d’un magistrat de la ville. Leur histoire tient en quelques lignes de martyrologe - mais ces lignes disent l’essentiel sur ce que signifie croire.

Donatien, le cadet, a été baptisé par Similien, troisième évêque de Nantes. Rogatien, l’aîné, est encore catéchumène - il se prépare au baptême, mais ne l’a pas encore reçu. Vers 304, lors de la dernière grande persécution de Dioclétien, les deux frères sont dénoncés comme chrétiens et arrêtés.

On leur demande de sacrifier aux dieux romains. Ils refusent. On les torture sur le chevalet. Ils tiennent bon. Ils passent leur dernière nuit ensemble, en prière.

Au matin, avant qu’on leur tranche la tête, Donatien embrasse son frère et prie Dieu d’une façon qui dit tout de sa foi : puisque Rogatien n’a pas encore reçu le baptême par l’eau, qu’il soit baptisé dans son propre sang. Ce geste - un frère qui intercède pour l’autre au seuil de la mort - est resté dans la mémoire de l’Église comme l’un des plus beaux témoignages de l’amour fraternel uni à la foi.

Leur culte se répandit dans toute la vallée de la Loire. On les appela les « Enfants nantais ». Patrons de Nantes et du diocèse, ils sont vénérés jusqu’au Canada et en Océanie grâce aux missionnaires nantais qui ont porté leur mémoire à l’autre bout du monde.

À l’endroit supposé de leur tombeau s’élève aujourd’hui la basilique Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien de Nantes.