Estelle - son vrai nom était Eustelle, du grec « beau » et « orner » - est une jeune femme du IIIe siècle, honorée à Saintes comme martyre. La forme Estelle, latinisée en « étoile », lui a été donnée bien plus tard par le poète Frédéric Mistral, qui plaça son mouvement félibrige sous sa protection.

Son père était un gouverneur romain de haute naissance ; sa mère descendait d’une ancienne et puissante famille de druides. Un mélange de deux mondes, celui de Rome et celui de la Gaule ancienne, que la foi chrétienne allait bientôt réunir.

La curiosité d’Eustelle la porta vers saint Eutrope, le premier évêque de la région de Saintes. Elle l’écouta, fut convaincue, et demanda le baptême. Elle se consacra à Dieu et refusa dès lors tous les prétendants qu’on lui proposait.

Ce refus fut fatal. Son père, qui ne comprenait pas - ou ne voulait pas comprendre - la radicalité de cette foi, la fit condamner à mort dans les arènes de Saintes. Elle mourut en martyre, fidèle à ce qu’elle avait choisi.

Un dernier geste la définit : avant de mourir, Eustelle avait elle-même donné la sépulture à saint Eutrope, tué peu avant elle. Son corps fut enterré dans ce même tombeau.

Son nom devint si populaire dans la région charentaise que les évêques de La Rochelle et de Saintes la choisirent comme patronne de la jeunesse chrétienne. Et quand Mistral chercha une étoile pour guider son mouvement de renaissance de la langue occitane, c’est elle qu’il convoqua - l’étoile de Saintes, lumineuse et têtue.