Germain voit le jour en 496 près d’Autun, en Bourgogne. Sa naissance elle-même est marquée par une anecdote troublante : selon son ami et biographe Venance Fortunat, sa mère ne le désirait pas et tenta de se faire avorter. Elle n’y parvint pas. L’enfant vécut - et devint l’un des plus grands évêques de son siècle.

Après des études à Avallon, il entre dans une petite communauté monastique locale où il passe quinze ans. C’est là que l’évêque d’Autun, Agrippin, vient le chercher pour l’ordonner prêtre. Il y a tant à faire dans ce pays des Francs encore si peu évangélisé.

On lui confie un temps l’abbaye de Saint-Symphorien d’Autun - mais les moines supportent mal cet abbé qui donne leur pain aux pauvres. En 555, il est nommé évêque de Paris, siège qu’il occupera vingt ans.

Germain est une figure rare : il est à la fois proche du pouvoir et radicalement au service des plus démunis. Il côtoie Childebert Ier, Clotaire Ier, Sigebert - les rois mérovingiens dont il partage les banquets mais dont il n’hésite pas à critiquer les violences et les excès. Il conserve dans l’épiscopat son mode de vie monastique : pauvre, austère, généreux.

Il fonde le monastère de la Sainte-Croix-et-Saint-Vincent, en dehors des murs de Paris. À sa mort en 576, il y est enterré. Ce monastère prendra son nom et deviendra l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés - l’une des plus célèbres de France.

Son prénom a donné le nom à un quartier de Paris, à des dizaines d’églises et à des milliers de personnes. Un héritage discret pour un homme qui n’avait jamais cherché qu’à servir.