Ivan Merz naît le 16 décembre 1896 à Banja Luka, ville multiethnique de l’empire austro-hongrois, dans une famille libérale. Son père est officier autrichien, sa mère d’origine juive hongroise. Rien, au départ, ne le destine à la sainteté.

Il commence des études militaires à Vienne, qu’il abandonne rapidement. Puis la guerre éclate. En 1916, il est mobilisé et envoyé au front italien. Il a dix-neuf ans. Ce qu’il y voit - la mort, la brutalité, le vide spirituel des hommes - le bouleverse profondément. Il en sort transformé, avec une soif intense de Dieu.

Après la guerre, il reprend ses études de philosophie à Vienne, puis part pour Paris. De 1920 à 1922, il suit des cours à la Sorbonne et à l’Institut catholique. Il fréquente les milieux intellectuels parisiens, découvre la Croisade eucharistique, s’engage dans les Conférences Saint-Vincent-de-Paul. Paris l’imprègne profondément. Il y rédige sa thèse de doctorat sur l’influence de la liturgie sur les écrivains français, de Chateaubriand à nos jours.

Revenu en Croatie en 1923, il enseigne le français et la littérature à l’Institut archiépiscopal de Zagreb. Mais son énergie va surtout à la jeunesse catholique. Il fonde et anime l’union des Aigles croates, un mouvement de jeunesse enraciné dans la liturgie et l’Eucharistie - anticipant de quarante ans les idées du concile Vatican II.

Ivan Merz se forme seul, sans noviciat ni séminaire, sans directeur spirituel stable. Sa sainteté est ce que Jean-Paul II appellera un « fruit spirituel spontané ». Il mène une vie de prière intense, de chasteté, de dévouement total aux jeunes qui l’entourent.

En 1928, une inflammation chronique des sinus nécessite une opération. Il pressent qu’elle sera grave, rédige son testament : Je meurs en paix dans la foi catholique. Le Christ était ma vie. La mort m’est un gain. Il meurt le 10 mai 1928, à trente-et-un ans.

Deux semaines après, le journal La Croix écrit depuis Paris : Ce mort prématurée a brisé de grands espoirs. Mais M. Merz est mort comme un saint après avoir vécu comme un saint. Jean-Paul II le béatifie en 2003 à Banja Luka, sa ville natale.