Matthias est l’apôtre de la discrétion. Aucun Évangile ne le mentionne avant le tirage au sort qui allait changer sa vie. Et pourtant, il était là depuis le début.
Après l’Ascension du Christ, les onze apôtres restants se réunissent à Jérusalem. Il faut combler le vide laissé par Judas. La règle est claire : le candidat doit avoir suivi Jésus depuis son baptême par Jean jusqu’au jour de l’Ascension. Il doit avoir tout vu, tout vécu, être un témoin direct de la Résurrection.
Deux hommes correspondent à ce profil : Barsabbas et Matthias. On prie. On tire au sort. Le sort tombe sur Matthias. Il devient dès lors le douzième apôtre, associé aux onze, témoin officiel de la Résurrection.
Ce qui suit est incertain. Les traditions divergent. Certains font de Matthias l’évangélisateur de l’Éthiopie, d’autres le font mourir martyr en Judée - lapidé puis décapité selon certains récits. La Légende dorée lui attribue aussi une mission en Cappadoce.
Mais ce qui frappe dans sa figure, c’est cette fidélité silencieuse d’avant le tirage au sort. Matthias avait tout suivi sans être désigné, sans titre, sans rôle officiel. Il avait cru avant d’être choisi. Il avait témoigné avant d’être reconnu.
Fêté le 14 mai en Occident, saint Matthias est le patron de ceux qui persistent dans la fidélité sans attendre la récompense ni la reconnaissance.
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