Pauline Jaricot naît le 22 juillet 1799 à Lyon, dans une famille de riches marchands de soie. Elle grandit dans l’aisance, jeune fille brillante et coquette, à l’aise dans la société bourgeoise de son époque.

A dix-sept ans, tout bascule. Lors d’un sermon, une parole la traverse : elle vit pour le monde, pas pour Dieu. La conversion est fulgurante. Pauline renonce à ses robes, à ses bijoux, à sa vie mondaine. Elle choque sa famille. Elle s’en moque.

Elle se tourne d’abord vers les ouvrières de la soierie - les canuts lyonnais. Ces femmes travaillent douze à quinze heures par jour dans des conditions épouvantables. Pauline les organise en petits groupes de prière, partage sa fortune avec elles, défend leur dignité. Elle est une pionnière du catholicisme social, bien avant que l’expression existe.

En 1820, son frère missionnaire en Chine lui décrit la misère des missions. Elle invente le « sou de Pauline » : des réseaux de dix personnes qui cotisent chaque semaine pour soutenir les missionnaires. L’idée se répand dans toute la France, puis en Europe, puis dans le monde. En 1822 naît l’Œuvre de la Propagation de la Foi - qui deviendra les Œuvres Pontificales Missionnaires, toujours vivantes aujourd’hui dans 130 pays.

En 1826, elle crée le Rosaire vivant : des groupes de quinze personnes priant chacune un mystère du rosaire à tour de rôle, formant une chaîne de prière continue. A sa mort, deux millions de personnes participent à ce mouvement mondial.

Mais sa vie n’est pas que succès. En 1845, voulant créer une usine modèle pour les ouvriers à Rustrel, elle est ruinée par des associés malhonnêtes. Elle perd tout. Elle meurt en 1862 dans une chambre misérable, abandonnée de presque tous. Elle dira en mourant : Je n’ai été que l’allumette qui allume le feu.

Béatifiée le 22 mai 2022 à Lyon, devant treize mille personnes.