Sophie - dont le nom signifie Sagesse en grec - est une figure à la fois historique et symbolique du christianisme des premiers siècles. Son histoire, qui se déroule à Rome sous le règne de l’empereur Hadrien, au IIe siècle, est l’une des plus poignantes qui soit.

Sophie avait trois filles. Leurs noms, tels qu’ils nous sont parvenus en grec, disent tout : Pistis - la Foi - Elpis - l’Espérance - et Agapé - la Charité. En slavon, on les connaît sous les noms de Véra, Nadezhda et Lioubov. La métaphore est transparente : la Sagesse divine engendre dans le cœur du chrétien les trois vertus théologales.

Les quatre femmes sont arrêtées pour leur foi chrétienne et amenées devant l’empereur. Interrogées, les trois filles refusent de renier le Christ et sont condamnées à mort. Elles meurent martyres l’une après l’autre, sous les yeux de leur mère.

Sophie elle-même n’est pas exécutée. Mais selon la tradition, elle meurt trois jours après ses filles, sur leur tombeau, brisée par la douleur et la grâce mêlées.

Nominis la décrit comme « une mère admirable, émule de la mère des sept martyrs du second livre des Maccabées » - cette femme de l’Ancien Testament qui avait encouragé ses fils à mourir plutôt que de trahir leur Dieu.

Vénérée le 25 mai, sainte Sophie de Rome est le symbole de ces mères dont la foi fut assez grande pour laisser partir leurs enfants vers la mort - et les y rejoindre.