Sylvain de Gaza est un évêque palestinien du début du IVe siècle, dont la vie est marquée par l’une des persécutions les plus violentes de l’histoire chrétienne : celle de l’empereur Dioclétien.

Né vers 250, Sylvain est évêque de Gaza, en Palestine, lorsque éclate en 303 la Grande Persécution. Dioclétien, soucieux de l’unité religieuse de l’empire, ordonne la destruction des Églises, la confiscation des textes sacrés et l’arrestation des chrétiens qui refusent de sacrifier aux dieux romains. Sylvain ne cède pas.

Arrêté avec plusieurs de ses fidèles, il est condamné non pas à la mort immédiate, mais à quelque chose de peut-être pire : les mines de cuivre de Phénon, dans le désert de l’actuelle Jordanie. Ces mines sont un enfer lent. Les prisonniers y sont envoyés pour mourir à la tâche, les pieds enchaînés, les yeux crevés pour certains, sous un soleil implacable. Sylvain y passe plusieurs années, refusant toujours d’apostasier, maintenant la foi de ceux qui l’entourent.

En 312, à la veille de la victoire de Constantin qui allait mettre fin aux persécutions, les autorités romaines décident de liquider les survivants chrétiens des mines. Sylvain est décapité avec trente-neuf de ses compagnons. Il a survécu à des années de martyrs lents pour mourir en martyr rapide, quelques mois avant la liberté.

Saint Sylvain de Gaza est fêté le 4 mai. Il est l’un des témoins oubliés de cette époque charnière où le christianisme a failli disparaître - et n’a pas disparu, précisément parce que des hommes comme lui ont refusé de plier.