Après l’annonce de l’ange Gabriel, Marie n’a pas gardé cette nouvelle extraordinaire pour elle seule. Non, elle a pensé à sa cousine Élisabeth, âgée et stérile, qui attendait elle aussi un miracle. Remplie de compassion et du Christ en elle, Marie se met en route. Imaginez cette jeune femme, enceinte, traversant des collines et des chemins escarpés pour rejoindre sa cousine, à plus de cent kilomètres.

Son arrivée fut un moment d’une puissance incroyable. Dès la salutation de Marie, le bébé dans le ventre d’Élisabeth, le futur Jean-Baptiste, tressaillit de joie ! Élisabeth, elle aussi, fut remplie de l’Esprit Saint et s’écria : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et béni le fruit de ton sein ! » C’est là que Marie, dans une humilité profonde et une foi rayonnante, entonna son magnifique cantique de louange, le Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur. » Une prière qui est devenue un pilier de la foi chrétienne, un chant d’espoir et de reconnaissance de la grandeur de Dieu et de sa miséricorde pour les humbles.

Marie resta environ trois mois auprès d’Élisabeth, l’accompagnant et la soutenant jusqu’à la naissance de Jean. Ce n’était pas juste une visite de courtoisie. C’était un acte de service désintéressé, un partage de joie et de foi entre deux femmes dont les vies étaient bouleversées par la puissance divine.

Aujourd’hui, la Visitation est bien plus qu’une histoire biblique. C’est un appel vibrant à la charité active, à la joie de partager et de servir. Marie, en portant le Christ, s’est empressée d’apporter réconfort, aide et présence divine à sa cousine. Elle nous montre que la foi n’est pas passive, mais qu’elle nous pousse à sortir de nous-mêmes, à aller vers l’autre, surtout ceux qui sont dans le besoin. C’est un rappel puissant que porter le Christ en nous signifie le porter aussi aux autres, par nos actions, notre amour et notre disponibilité. C’est la fête du service, de la reconnaissance et de la joie contagieuse.