Yves Hélory de Kermartin naît en 1253 au manoir de Kermartin, près de Tréguier, en Bretagne, dans une famille de chevaliers. Orphelin très jeune, il est élevé par sa mère, femme pieuse qui lui répète : « Vivez, mon fils, de telle manière à devenir un saint. »
Il lui obéit au-delà de tout ce qu’elle pouvait espérer.
Envoyé à Paris puis à Orléans pour étudier, il s’immerge dans la philosophie, la théologie, le droit laïc et canonique. Il reçoit l’influence de Thomas d’Aquin. Il vit dans une pauvreté choisie, dort sur la paille, jeûne souvent, porte le cilice. Mais ce n’est pas un ascète replié sur lui-même.
Revenu en Bretagne, il est nommé official - juge ecclésiastique - à Rennes, puis à Tréguier. Et c’est là que sa légende commence vraiment. Yves est un juge intègre dans un siècle où la justice est souvent à vendre. Il refuse les cadeaux, rend des jugements équitables, ne tarde pas. Un dicton breton circulera bientôt : « Saint Yves est un saint admirable - avocat et non voleur - quelle chose étonnante. »
Mais surtout : il défend gratuitement les pauvres. Sa maison, le manoir de Minihy, devient un refuge. Il partage sa nourriture, distribue ses biens, accueille les mendiants à sa table.
Ordonné prêtre en 1283, il cumule sa fonction de juge avec celle de curé, prêche dans des paroisses parfois distantes, parcourt à pied la campagne bretonne.
Il meurt le 19 mai 1303, épuisé, à cinquante ans. Canonisé en 1347, saint Yves est aujourd’hui le patron des juristes et le co-patron de la Bretagne - l’avocat des pauvres qui n’a jamais eu besoin de plaidoirie pour défendre sa propre mémoire.
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